Journée ALCES 2026
Je partage avec vous le plaisir que j’ai eu à assister aux conférences de la Sorbonne Nouvelle à Paris organisées le 4 juin dernier par l’association ALCES. Celle-ci a été créée par cinq femmes issues de la promotion 2024-2025 de la licence professionnelle Conseil en écriture professionnelle et privée – Écrivain public délivrée par L’Université de la Sorbonne Nouvelle. Il s’agit pour ces initiatrices de regrouper d’anciens élèves de ce diplôme aux fins de promouvoir notre métier.
Le GREC a apporté une contribution financière à l’organisation de l’événement, tout comme Biographicus. Il en a été remercié lors du discours de présentation d’une responsable d’ALCES. L’amphithéâtre de cent vingt places était plein, une assistance composée sans doute principalement de professionnels de l’écriture, mais aussi de soignants. Le thème était en effet : L’écriture au service du soin et du mieux-être.
La notion de mieux-être a été clairement distinguée de celle de bien-être qui ne serait pas appropriée d’une part et renverrait d’autre part à la mode commerciale des recettes du bien-être.
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La première conférencière, Emmanuelle Jay, psychanalyste de formation, a partagé son expérience d’art-thérapeute qui l’a notamment amenée à mettre en place des ateliers d’écriture à l’hôpital Cochin sur le thème de la couleur. Elle considère que l’écriture créative participe de l’écriture thérapeutique et l’utilise comme une pratique artistique et sensorielle.
Elle est l’autrice de plusieurs ouvrages sur le sujet et a créé deux associations, l’une, culturelle, qui s’appelle Images et Mots, l’autre, Empreintes, qui a vocation à accompagner le deuil.
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Après l’art-thérapie qui constituait une forme d’introduction à la notion de soin et de mieux-être, la première table ronde déclinait le thème de l’écriture pour soi.
La première approche l’abordait sous une forme familière à beaucoup de grécistes, celle d’écrire pour soi en étant accompagné. Dans ce cadre, sont intervenues successivement et de manière complémentaire Anne Curmi, écrivaine biographe, et Véronique Huska-Chiroussel qui a, quant à elle, tiré de salvateurs bénéfices de son expérience de personne biographée.
Elles ont l’une et l’autre souligné le pouvoir libératoire de l’écriture de soi, utilisant le terme de restauratrice lorsque l’écriture permet de décharger et de mettre en forme des expériences psychologiquement lourdes d’impact.
Il apparaît également que la parole qui se livre est de nature différente lorsqu’on l’écrit soi-même ou lorsqu’on la confie à un thérapeute, à un ami ou encore à un biographe.
Sur ce thème de l’écriture pour soi, la parole de Mathieu Simonet m’a particulièrement captivée par sa sincérité et sa nouveauté. Si je le connaissais, sans l’avoir lu, en tant que romancier, je l’ai découvert cette fois dans sa détermination à rendre l’écriture accessible à tous. Son mantra est de faire en sorte que chacun se sente légitime à écrire. Il ancre cette motivation dans une histoire personnelle aux profondes résonances et la met en œuvre dans des dispositifs d’écriture collective que je vous invite à découvrir sur son site. Vous serez, je l’espère, aussi séduits que moi par sa capacité à inventer sa propre façon de créer du lien par l’écriture.
Je me suis déjà servie d’une de ses idées, Le bal du silence, lors d’un de mes ateliers d’écriture ! Allez voir, je vous laisse la surprise !
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Le dernier volet de ces conférences sur l’écriture thérapeutique portait sur l’écriture à l’hôpital, en institution.
Sont intervenues sur ce thème, Elsa Pellegrini, de l’association Le Labo des histoires (à suivre avec intérêt aussi), l’incontournable Valéria Milewski sur la biographie hospitalière et, enfin, Isabelle Galichon, chercheuse, qui promeut et met en œuvre le concept de médecine narrative. Là encore, j’ai été particulièrement intéressée par son utilisation de l’outil d’écriture comme permettant de se constituer en tant que sujet éthique et politique. Elle oriente ses ateliers d’écriture à l’hôpital vers le personnel hospitalier, les soignants comme les autres.
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Voilà comment, grâce au GREC qui m’en a donné l’occasion, je me suis enrichie de tous ces usages engageants d’une écriture qui se veut avant tout, pour toutes ces personnes investies, un moyen de mieux vivre avec soi et avec les autres.
Les prospectus de présentation du GREC que Bernard et moi avons déposés sur la table à la pause-café pour nous faire connaître sont partis comme des petits pains ! De ces rencontres naîtront peut-être de futurs grécistes… ?
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